Régis Godec, adjoint au maire de Toulouse, en charge des écoquartiers.

- Toulous’Ethic : « Aujourd’hui, la mairie de Toulouse porte plusieurs projets d’écoquartiers, pourquoi ? »

Régis Godec : « C’est une volonté très forte portée par les Verts durant la campagne municipale. C’était un point du programme auquel nous tenions beaucoup. Ensuite, nous nous efforçons de ne pas reproduire les erreurs de l’équipe précédente qui avec le quartier de Borderouge, a construit plusieurs hectares sans aucun prescriptions environnementales. L’écologie ne doit pas être qu’une somme de pratiques individuelles, le quartier est l’échelle pertinente pour créer un collectif participatif ».

- T’E : « Quels sont les projets d’éco-quartiers actuellement à l’étude sur Toulouse ? »

R. G. : « Il y a tout d’abord une zone de trois hectares dans le quartiers de La Salade, au nord de Toulouse. C’est un emplacement idéal, situé entre deux stations de métro. Le site accueillera aussi un groupe scolaire équipé de panneaux solaire. Nous réfléchissons également à la récupération des eaux de pluie et à la création d’un jardin potager à vocation pédagogique.

Le second projet est plus ambitieux et s’inscrit dans un plus long terme. Il s’agit du quartier de la Cartoucherie, particulièrement intéressant car vaste ( environ 30 hectares), proche du centre de Toulouse et bientôt desservi par la ligne de tram.

La mobilité et les énergies sont des points essentiels dans la conception d’écoquartier ; ainsi le cahier des charges pour les programmes immobiliers pourraient bien contenir une forte exigence énergétique, comme de ne consommer que 50 kw/ m².

- T’E : « Vous abordez beaucoup le côté environnemental, mais un écoquartier est seulement un quartier plus vert ? »

R.G : « Non, un écoquartier doit concilier l’écologie, l’économie et le social, d’ailleurs sur ce dernier point, les deux programmes devraient compter au minimum 25 % de logements sociaux. Ces nouveaux quartiers permettent de repenser l’urbanisation. Toulouse s’est laissée gagner par l’étalement urbain, il est temps d’inverser la tendance et de diversifier les fonctions d’un même territoire. Ainsi, le quartier de la Cartoucherie devrait abriter plusieurs activités : habitation, bureaux ou zone commerciale.

Aujourd’hui, l’équipe municipale s’engage fortement à soutenir des modes d’habitation différents, comme l’habitat coopératif ou groupé que nous soutenons et allons bientôt soutenir encore plus significativement (voir article sur le projet de la Jeune Pousse à paraître dans le dossier). Mais la réussite de ces quartiers tient en premier lieu à l’engagement de ses habitants et à l’investissement citoyen dans la vie du quartier. »