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Yves Jarland, délégué régional de l’ADIE (association pour le droit à l’initiative économique)

lundi 19 novembre 2007, par Anne-Marie Fontaine

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L’Association pour le droit à l’initiative économique est une association qui aide des personnes exclues du marché du travail et du système bancaire classique à créer leur entreprise et leur propre emploi grâce au microcrédit.

Qu’est-ce que l’Adie en Midi-Pyrénées ?

Y. J. : L’Adie en Midi-Pyrénées, c’est :
- six antennes en région (Albi, Montauban, Tarbes, Rodez, Toulouse ) et cinq lieu à Toulouse ( Empalot, Reynerie, Izards, Bagatelles et centre ville).
- 25 salariés et 65 bénévoles.

L’Adie se développe parce que le résultat est au rendez-vous, c’est une voie d’insertion efficace, même si elle est risquée, aussi quelque soit la couleur du gouvernement, la création d’activité plaît enfin, mais les banques ne financent pas, c’est une constante. La particularité régionale est de faire le grand écart entre les quartiers sensibles et le milieu rural. On remarque que les gens à la campagne sont souvent au RMI mais ils sont surtout isolés et galèrent plus que les jeunes des quartiers. A Toulouse, il y a une véritable machine économique, dans le milieu rural, c’est plus difficile à organiser à cause des distances.

Est-ce risqué de prêter à des personnes qui n’ont pas accès au réseau bancaire traditionnel ?

Y. J. : Pas du tout, le taux d’impayé est de 4%. Quand un dossier nous arrive, on mise sur la personne, sa motivation, sa capacité à mobiliser l’entourage, ses qualités professionnelles et la maîtrise de son secteur professionnel. En un an, nous pouvons avoir jusqu’à 4500 premiers contacts et seulement 800 entreprises créées. Nous tenons un comité de crédit tous les jours où en moyenne neuf dossiers sur dix sont acceptés. En plus, le conseil régional joue le jeu en octroyant un prime régionale couplée à un prêt Adie.

Est-ce-que les projets qui décrochent un micro-crédit auprès de l’Adie marchent ?

Y. J. : A deux ans, le taux de pérennité est de 64 %, et pour des personnes qui étaient au RMI, le taux d’insertion est de 75%. Depuis notre création régionale en 1996, nous comptabilisons 3500 créations d’entreprises et 4000 nouveaux emplois, nous atteindrons 800 entreprises en 2007, dont la moitié sur Toulouse et environ 200 sur les quartiers. La plupart des projets concernent les secteur du bâtiment, la vente sur les marchés, l’nformatique ou les services à la personne. Le seul hic, vient plus tard, après quelques années lorsque l’entreprise est à la recherche de financement pour son développement. Le passage dans le système bancaire traditionnel est parfois difficile, et ce manque de relais peut mener certaines entreprises à capoter.

Propos recueillis par Anne-Marie Fontaine


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